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L'alcôve by Flo, l'architecte de vos désirs

En 2022, Floriane découvre sur Netflix la série How to build a sexroom. Une révélation pour cette styliste d'intérieure qui décide de révolutionner son couple, son corps et sa vie professionnelle pour devenir elle aussi "architecte du désir". Depuis, elle conçoit avec ses clients des univers uniques propices à leur épanouissement sexuel. Entrez dans L'alcôve by Flo...

En quoi notre intérieur peut impacter notre sexualité ?

Notre espace de vie a un impact sur notre relation aux autres, notre façon de voir le monde. C'est aussi le reflet de notre personnalité. Nous devons prendre soin de notre intérieur car c'est notre refuge. Quand on rentre le soir, on doit être heureux de se retrouver chez soi. C'est aussi un lieu qui doit offrir des surprises, de la joie de se retrouver dans telle ou telle pièce, tel ou tel fauteuil. Il ne doit pas être fait de coup de coeur à 100%, il doit être pensé pour créer un parcours, un chemin, une chasse aux trésors. Il doit répondre à nos humeurs, à nos émotions qui ne sont pas linéaires mais fluctuantes.


Quid de la chambre ?

L'espace intime est un refuge dans le refuge. C'est l'endroit ultime de repos, de retrouvaille, de réflexion, de relaxation. On est avec soi-même quand la porte est fermée. C'est un lieu qui a pour fonction de vous aider à déconnecter rapidement, voire instantanément du quotidien. Il est là pour vous. La charge mentale doit être effacée au profit de votre bien-être : un beau et bon lit, des rideaux qui offrent une intimité élégante, un tapis douillet pour vos pieds, des draps frais, une lumière qui invite à la relaxation, à la découverte, des tableaux inspirants, etc. C'est comme quand on choisit un vêtement ou une coupe de cheveux, on veut que cela nous mette en valeur, nous ressemble. C'est la même chose pour notre intérieur.

Comment travailles-tu avec tes clients ?

Déjà, je choisis mes clients. Nous devons nous sentir bien ensemble pour être efficaces. On parle d'intimité ! Ensuite, je leur pose BEAUCOUP  de questions ! Je les bouscule un peu parfois. Je parle avec eux pour les découvrir. Je les implique dans ce changement : dans la découverte de leur façon de vivre, en leur donnant un exercice qu'ils n'aiment pas au début mais qu'ils trouvent très intéressant ensuite car il leur permet de redécouvrir leur intérieur. Ensuite nous abordons une partie très ludique basée sur l'art-thérapie : nous créons ensemble le moodboard de leur style. Place au découpage, collage de photos ! J'utilise beaucoup l'humour, mon expérience de vie. J'aime faire rire, réfléchir. Je leur dis toujours qu'il faut s'amuser, se faire plaisir et qu'il n'y a pas de bon ou de mauvais goût.


Pourquoi choisir d'entreprendre dans la sexualité ?

Pour mon fils ! J'ai envie de montrer qu'on peut parler de sexualité à nos enfants sans être des pervers sexuels. Pour créer un être humain sain qui saura faire la différence entre réalité et fiction. Qui sera honnête. Parce que je suis triste de voir encore beaucoup de jeunes ados frustrés de ne pas pouvoir s'exprimer librement avec les personnes en qui ils devraient avoir le plus confiance : leurs parents.


Aussi pour moi. Parce que j'ai vécu une révolution sexuelle grâce à une crise de la quarantaine, une émission Netflix et un mari aimant. Je suis passée de douleurs quasi systématiques qui me frustraient, à "encore" car je me suis enfin écoutée et je n'ai plus mal !


Enfin, pour mon mari et tous les hommes qui devraient lui ressembler car c'est un homme aimant, à l'écoute, heureux, qui m'a toujours soutenue.

Quelles sont les valeurs que tu portes via ton activité ?

Quand j'ai commencé à m'intéresser à ce domaine, je me suis heurtée à beaucoup de tabous. J'ai testé sur différentes personnes l'idée de mon concept, et j'ai souvent entendu que je poussais les gens à la perversité. J'ai aussi eu beaucoup d'encouragements.


J'ai été élevée avec le mot liberté : liberté de penser, de parler et d'agir. Je suis une femme passionnée, qui essaie de vivre pleinement ce qu'elle fait. Parfois ce n'est pas toujours simple car il y a les convenances, les "on dit", surtout en matière de sexualité.  On se heurte à la société qui a mis un autocollant "tabou, pas propre" sur ce sujet.


J'ai un ado de 17ans bientôt 18. J'ai à coeur de lui offrir une éducation ouverte, dans le respect de soi et des autres. En matière de sexualité, l'éducation est primordiale pour combattre les violences, les abus, l'ignorance. Pour offrir aux adultes et à nos jeunes une opportunité de s'épanouir dans leur sexualité sans reproduire des schémas qui ne leur correspondent pas.


La sexualité est récurrente dans notre société, elle n'est pas toujours abordée de façon positive, elle est souvent associée à une "lutte" : contre la pornographie, contre les MST - IST, contre la violence #metoo , contre les mariages forcés,... Elle fait se percuter des traditions, des cultures, des visions qui se croisent bien souvent à l'école.


Je suis toujours choquée de n'entendre que très rarement associer les mots épanouissement, plaisir, joie, bonheur, amour, jeu, confiance, rire, ambiance, avec le mot sexualité.

Comment définis-tu ton métier ?

Je ne suis ni sexologue, ni créatrice de sextoys. Ma mission est d'aider les personnes à créer un environnement sécurisant, agréable pour vivre pleinement leur vie intime : je suis styliste d'intérieur,  spécialisée dans l'espace intime.


J'aide mes clients à mettre en scène cet espace. C'est un lieu complexe qui offre différentes fonctions qui vont du sommeil aux plaisirs sexuels. J'agis sur le bien-être, j'offre un contexte pour rendre l'expérience sexuelle agréable, unique et adaptée à chaque personne.


C'est toujours surprenant quand je parle d'ambiance dans la sexualité, de l'importance du design d'intérieur dans l'épanouissement sexuel, de voir la réaction des personnes car elles ne s'étaient jamais posées la question mais la réflexion qui vient ensuite est : "mais bien sûr, je n'y avais jamais pensé, c'est évident".


C'est un vrai défi et une réelle satisfaction de mettre en lumière l'évidence

Tu viens de rejoindre le collectif SexTech For good, peux-tu nous expliquer pourquoi ?

Les acteurs de la sextech doivent faire face à tellement de barrières, d'obstacles au quotidien qu'ils ne peuvent pas les surmonter seuls. Cependant le bien-être sexuel a besoin que l'on parle de lui, la sexualité a besoin d'un support sérieux qui saura faire parler d'elle en termes modernes, fun, dynamiques. Avec des arguments quantifiables, qualitatifs.


Ce sujet doit être représenté par une entité qui puisse régater avec les conventions sociales et les politiques. Avant d'adhérer, j'ai regardé tous les professionnels du marché qui ont intégré ce collectif, qu'ils soient débutants ou confirmés, ce sont tous des porteurs de projet qui ont un sens, qui ne répondent pas seulement à une mode mais à de vrais besoins.


J'ai rejoint le collectif STFG car il offre cette visibilité, un moyen d'action aux acteurs de ce marché. C'est peut-être un jeune collectif mais je crois aux valeurs de STFG, car il a le mérite de faire parler d'un sujet qui nous concerne toutes et tous : notre sexualité.


À ton avis, pourquoi est-il important d’innover dans le domaine de la sexualité ?

Je travaille avec des êtres humains, je ne suis pas fan du communautarisme, je suis avec la même personne depuis plus de 20 ans, notre choix respectif de partenaire n'a pas été du goût de nos proches au début. Nous avons subi beaucoup de pression des deux côtés. Nous n'avons fait le choix d'aucun parti. Nous avons seulement fait le choix d'être heureux ensemble car cela ne concernait personne d'autre que nous. Je ne plaiderai pas la cause de telle ou telle genre ou communauté.


L'innovation ne vient pas seulement de la technologie mais aussi des mentalités. Mon but n'est pas forcément de gagner des millions (pourquoi pas !) dans ce domaine, mon but est de faire bouger les mentalités. De faire comprendre que chacun peut vivre sa vie, dans le respect de celle des autres, sans jugement car à la base nous sommes toutes et tous fait pareil : avec un ovule et un spermatozoïde.

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